Pages: [1]
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: L'Ame et la Danse  (Lu 11727 fois)
Ptit-Loup
Je suis Nouveau
*
Messages: 30



Voir le profil
« le: Janvier 10, 2008, 08:32 pm »

Je reviens ici pour relever un grand moment de bonheur, que j'ai déjà noté ailleurs à propose des hérissons. Angelin Preljocaj. Les Quatre Saisons.

Il m'a rappelé quelques lignes que j'avais grattées devant une chorégraphie sur le Boléro de Ravel, écrite par une professeur de danse "locale" qui avait osé s'attaquer à ce sujet malgré l'inoubliable Jorge Donn.

Ca commençait comme ça : "Qui donc a séparé la Musique de la Danse ?"

Une musique qui ne peut pas être dansée est-elle encore une musique ? Il me semble que la question se pose, devant l'ésotérisme assez inaccessible de la "musique" contemporaine. Il me semble que la musique qui doit passer par les mots pour être comprise échappe à son objet originel. Il me semble que la musique est, d'abord, charnelle, qu'elle se développe dans un espace physique et sensuel, qu'elle n'a pas besoin de rationalité pour être comprise, et aimée.

Cela ne signifie pas qu'elle se passe de règles, qui sont des règles d'écriture. Mais elle ne me paraît elle-même que quand les règles sont "inaudibles", cachées, sous peine d'être elle-même inaudible...

On apprend les secrets de la résonance par "sympathie" en s'essayant aux Préludes de Debussy. On comprend ce qui se passe vraiment, si l'esprit s'en mêle, mais ce n'est pas nécessaire pour accéder à la beauté desdits Préludes...

Et j'ai vraiment découvert le Boléro de Ravel devant deux chorégraphies qui en écrivent les entrelacs dans l'espace. Parce que la musique toute seule, un peu lassant, non ? Depuis, je "vois" le Boléro à chaque fois que je l'entends !

Wouaouuu. Voilà que ça me reprend de divaguer...
Journalisée

"Comprendre qu'on serait l'infime maillon d'un processus qui nous dépasse,
et surtout qu'en avoir conscience c'est jamais qu'un accident !"
Ptit-Loup
Je suis Nouveau
*
Messages: 30



Voir le profil
« Répondre #1 le: Janvier 10, 2008, 08:36 pm »

Mais je me devais bien d'ouvrir le sujet de la Musique, qui commençait à me désespérer avec ses "0" messages !

Que je le fasse en parlant de la Danse... L'effet d'un coup de coeur !
Journalisée

"Comprendre qu'on serait l'infime maillon d'un processus qui nous dépasse,
et surtout qu'en avoir conscience c'est jamais qu'un accident !"
zoorin
Je suis Nouveau
*
Messages: 48



Voir le profil WWW
« Répondre #2 le: Janvier 11, 2008, 09:16 am »

Je ne sais pas si toute musique peut se danser (dans certains styles, j'ai quand même des doutes), mais en tout cas, chez moi, toutes les musiques sont évocatrices, même celles que je n'aime pas, et souvent évocatrices de mouvements, effectivement.

J'écoute peu de musique classique, plutôt du rock et du métal, mais cette musique se danse aussi, ou plutôt, elle fait bouger. Quoique, où commence et s'arrête la danse de nos jours ?
Journalisée
Jodaci
Beau parleur
***
Messages: 202



Voir le profil WWW
« Répondre #3 le: Janvier 13, 2008, 12:51 pm »

Une musique qui ne peut pas être dansée est-elle encore une musique ? Il me semble que la question se pose, devant l'ésotérisme assez inaccessible de la "musique" contemporaine.
Question intéressante à laquelle je ne pense pas avoir de réponse autre que:
la capacité à danser dépend, non de la musique mais de la sensibilité et de la capacité (relâchement et décomplexion)  de l'auditeur.
Personnellement, j'adore danser (j'adorais devrais-je dire...) et je suis capable de danser sur n'importe quoi du moment que ça me touche. Je suis aussi capable de bouger en rythme sur une musique qui m'ennuie, mais ça n'est plus de la danse, plutôt de l'hygiène corporelle et bien souvent sociale, car rien ne m'y incitera à titre personnel, mais plutôt lors d'un regroupement quelconque où l'heure et le code sont aux trémoussements.
La question est donc plutôt de savoir ce qui est de la danse et ce qui est de la gym.
Pour qu'il y ait danse, il faut qu'il y ait émotion. Et s'il y a un support musical à cette danse (ceci n'est, en effet, pas nécessaire), alors il faut une émotion musicale.
Et là, nous tombons dans une subjectivité abyssale.
Je pense donc pouvoir répondre à ce qui est de la danse ou ce qui n'en est pas, mais concernant la musique, je ne sais pas.
Ca me rappelle une très vieille discussion sur l'Art, car c'est bien de cela qu'il s'agit.
Au bout du compte, le maître mot est, à mon sens, EMOTION.
Et dans émouvoir, il y a mouvoir
L'Art doit donc, à mon avis, vous bouger l'Ame.
Et son contour (et donc sa définition et son emplacement) est aussi flou, imprécis, personnel, que celui de ce qu'il est censé mouvoir. Me fais-je comprendre?
On est même pas obligé d'y croire!
(J'aimerai bien que ce forum reprenne; il y a longtemps que je n'ai plus parlé en essayant d'être, un tant soit peu, intelligent.)

Journalisée

« Lorsqu’il n’y a plus rien à faire, que faites-vous ? »
Jodaci
Beau parleur
***
Messages: 202



Voir le profil WWW
« Répondre #4 le: Janvier 13, 2008, 03:51 pm »

Mon opinion, en résumé:
L'Art émeut, c'est le prof de gym de l'Ame.
Mais l'émotion est personnelle. Telle âme sera touchée quant une autre restera de marbre (froide et immobile).
Une création devient une oeuvre d'art lorsqu'elle émeut globalement. Plus elle fait consensus d'émotion, plus l'oeuvre est forte.
Mais une personne qui crée avec sincérité, et émotion, si elle n'émeut qu'elle-même, est, à mon sens, encore dans un processus de création artistique.
Et une personne qui compose et "market" pour plaire au plus grand nombre, ne l'est pas. Son oeuvre plaît?
Devient-elle une oeuvre d'art pour autant? J'ose espérer que l'Art n'a rien à voir avec la reconnaissance.
Pour en revenir au questionnement de P'tit-Loup sur la nécessaire démarche intellectuelle pour apprécier certaines oeuvres musicales modernes, j'avoue être partagé à la limite de la schizophrénie.
Le fait de devoir apprendre des codes pour goûter une oeuvre la classe-t-elle, de facto, comme une construction intellectuelle, lui ôtant à jamais le statut d'oeuvre d'art?
Si c'est le cas, comment défricher de nouveaux sentiers, comment retrouver d'anciennes sentes disparues?
Quid de courants novateurs tels que (liste non exhaustive): le cubisme, le dadaïsme, la musique seyrielle (pas trop sûr de l'orthographe, de toute façon je suis allergique), l'écriture automatique, la nouvelle musique électronique ou que sais-je. Je ne suis pas critique d'art et suis bien en peine, en néophyte ignare, de vous citer trop d'exemples.
De même pour les anciennes oeuvres dont les canons intellectuels ne sont plus en usage: musique baroque, chant grégorien, peintures moyenageuse voire primitive ou rupestre. Encore une fois, je n'ai aucun talent pour en donner une liste argumentée.
Je veux juste tenter de faire ressortir par là que l'on mesure une oeuvre à l'émotion qui s'en dégage. Et non au processus intellectuel qu'il faut mettre en branle pour l'appréhender.
Et avant, et surtout, à la sincérité du créateur.
Plus celui-ci est "primaire", plus son oeuvre aura des chances d'être honnête (sans arrière-pensée) et émouvante pour le plus grand nombre.
Plus celui-ci est "intellect", plus il sera difficile d'en appréhender 1- la sincérité 2- les codes de lecture,
et laissera donc la place à une potentialité de fumisterie.
En bref, et pour couper court à tout ce verbiage:
Art=sincérité+émotion comme les deux ingrédients nécessaires ET suffisants. Viennent ensuite éventuellement dans l'ordre: message et savoir-faire.
Reconnaissance= capacité du plus grand nombre à s'émouvoir de la sincérité de l'auteur (Message et savoir-faire peuvent y aider grandement)
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhh!
Quelle dysentrie verbale! Ca f'sait longtemps!



« Dernière édition: Janvier 13, 2008, 05:07 pm par Jodaci » Journalisée

« Lorsqu’il n’y a plus rien à faire, que faites-vous ? »
Coco
Je déclame !
****
Messages: 301



Voir le profil
« Répondre #5 le: Janvier 13, 2008, 05:01 pm »

Je n'appréhende l'art qu'exclusivement à travers mes émotions, certains tableaux ont pu me faire pleurer, mais je déteste l'art "expliqué" par une personne bien intentionnée certes, mais qui ne m'interesse pas, l'histoire de l'artiste ou de l'évolution culturelle qui l'a amené à créer tel tableau ne m'apporte rien de plus, un tableau je l'aime ou je ne l'aime pas, je ne sais pas toujours dire pourquoi et peu importe pour moi, ce qui compte c'est ce que je ressens devant lui.
« Dernière édition: Janvier 13, 2008, 05:09 pm par Coco » Journalisée
Tohu Bohu
Je déclame !
****
Messages: 375



Voir le profil
« Répondre #6 le: Janvier 13, 2008, 05:51 pm »

Quel cumul d'interrogations dans vos propos. Je commencerai par vous donner mon avis sur la première question : la musique et la danse sont-elles dissociables. Je répondrai à partir de ma propre subjectivité.

Pour moi spectateur, la musique est avant tout une activité onirique. Je dois la vivre dans l'immobilité (et non la froideur !), mieux encore, les yeux clos. C'est alors que resurgissent tout un tas d'émotions pas nécessairement cohérentes, mais toujours riches.  Pas un instant il ne me viendrait à l'esprit de me tortiller que ce soit de façon coordonnées, selon les règles de l'art, ou de façon anarchique. Est-ce pour autant une dissociation de la sensorialité (l'audition de la musique) de la motricité (l'action de danser). Pas si sûr. Je suis assez d'accord avec l'idée de Jean Piaget selon laquelle les activités intellectuelles ne sont que des actions internalisées. Mon activité onirique provoquée par la musique serait-elle l'internalisation de ma danse ? Reste que, oui je l’affirme, on peut dissocier perception de l’action. Les personnes ayant des troubles sensoriels (malentendant…) ou moteur (paralysés) peuvent néanmoins, et peut-être plus que d’autres, être sensibles à ces arts. Bien sûr, il s’agit là du point de vue du spectateur. Qu’en est il du créateur ? Aucune idée, je n’en suis pas.

Spectateur de danses, mon émotion est tout autre. Là les yeux doivent être ouverts! Cette fois-ci c'est l'artiste qui me prend par la main et qui m'emmène là où il a décidé (fini l'onirisme). Ce que j'en retiens, c'est la sensualité, le dialogue des corps. Avec un spectacle de danse, la musique passe au second plan, elle n'est qu'un prétexte. L'expression corporelle sans tempo auditif émane la même sensualité qu'une expression corporelle rythmée sur une musique (ce qui permet, je pense, à un malentendant d'apprécier un spectacle de danse).

Ainsi pour moi, une musique qui ne peut pas être dansée (mais est ce possible, ou n'est ce qu'une spéculation sans fondement ? Connaissez-vous des musiques qui ne se dansent pas ?) reste une musique (et inversement pour la danse). Ces deux arts sont donc en apparence dissociables.

Sur ce je vais me passer un petit morceau. Je réfléchirai à l'opposition rationalité/émotion plus tard ... Clin d'oeil
« Dernière édition: Janvier 13, 2008, 08:13 pm par Tohu Bohu » Journalisée

"On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où on va"
CC1
Je suis Nouveau
*
Messages: 11



Voir le profil WWW
« Répondre #7 le: Février 18, 2008, 08:37 pm »

Et la Tecktonik dans tout ça ? Grimaçant
Journalisée

Savoir où l'on veut aller, c'est bien. Montrer qu'on y va, c'est mieux.
Cécile
Je parle un peu
**
Messages: 50



Voir le profil
« Répondre #8 le: Février 29, 2008, 03:36 pm »

C'est plus à la mode  Souriant
Journalisée
Tohu Bohu
Je déclame !
****
Messages: 375



Voir le profil
« Répondre #9 le: Février 29, 2008, 08:22 pm »

Euh ... je crois que les plaques nous traitent de vieux ...

(attention, nous aussi on peut en faire des séismes  Souriant)
« Dernière édition: Février 29, 2008, 08:24 pm par Tohu Bohu » Journalisée

"On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où on va"
Coco
Je déclame !
****
Messages: 301



Voir le profil
« Répondre #10 le: Mai 13, 2008, 08:35 pm »

je réfléchirai à l'opposition rationalité/émotion plus tard ... Clin d'oeil
C'est quand plus tard ? bientôt j'espère!
Journalisée
Pages: [1]
  Imprimer  
 
Aller à: